Rabbi Nahman

Nouvelle page 1

!!!RADIO BRESLEV!!!

LE RAV ET SON FILS UNIQUE



Il était une fois un Rav qui n’avait pas d’enfant. Il eut enfin un fils unique, qu’il éleva et maria. Ce fils unique passait son temps à étudier dans une petite pièce en étage, comme c’était l’usage chez les riches. Il étudiait et priait continuellement. Cependant, il ressentait que quelque chose lui manquait, mais il ne savait pas quoi. Il ne trouvait plus aucun goût à l’étude, ni à la prière. Il en fit part à deux jeunes gens qui lui conseillèrent d’aller chez un certain Tsaddik.
Le fils unique accomplit une Mitsvah qui le fit passer dans la catégorie de " Petit Luminaire. "
Il se rendit auprès de son père et lui déclara ne plus trouver aucun goût à servir Dieu (c’est-à-dire prier, étudier et accomplir les Mitsvoth). Il lui dit encore qu’il lui manquait quelque chose et qu’il ne savait pas quoi. Et c’est pourquoi il voulait partir chez le Tsaddik.
Son père lui répondit : " Comment se fait-il que tu voyages chez lui ? Tu es plus érudit que lui et tu es de meilleure naissance. Il n’est pas bon que tu ailles le voir. Détourne-toi de cette voie. "
Il l’empêcha finalement de se rendre chez le Tsaddik.
Le fils unique se remit à l’étude. A nouveau, il ressentit un manque. Il prit encore conseil auprès des jeunes gens qui lui conseillèrent à nouveau de voyager chez le Tsaddik. Il se rendit encore chez son père qui le dupa et l’empêcha encore une fois de partir. Et cela se reproduisit plusieurs fois.
Le fils unique sentait toujours qu’il lui manquait quelque chose. Il languissait de pouvoir combler le manque c’est-à-dire corriger cette imperfection dont il ne connaissait pas la nature. Il se rendit une nouvelle fois auprès de son père et le supplia tellement que ce dernier fut obligé de partir avec lui, car il ne voulait pas que son fils parte seul : c’était son fils unique.
Il lui dit : " Regarde, je vais venir avec toi et je te montrerai que ce Tsaddik n’est rien. "
Ils attelèrent les chevaux à la voiture et se mirent en route. Puis le Rav dit à son fils : " Ecoute, je vais faire un test : si le voyage se passe bien, cela voudra dire que le ciel l’approuve. Sinon, c’est que le ciel s’y oppose et nous rebrousserons chemin. " Et ils voyagèrent.
En arrivant sur une passerelle, un des chevaux tomba, la voiture se retourna et ils faillirent se noyer. Le père dit alors : " Tu vois bien que rien ne se passe selon la normale et que ce voyage n’est pas voulu par le ciel. " Ils rentrèrent chez eux.
Le fils unique s’était remis à étudier et avait encore senti qu’il lui manquait quelque chose, sans savoir quoi. Il supplia encore son père qui dut à nouveau partir avec lui. En chemin, il posa la même condition que précédemment : si le voyage se passerait normalement...
Sur la route, les deux essieux cassèrent. Le père dit a son fils : " Tu vois bien toi-même que ce voyage n’est pas pour nous. Est-il naturel que les deux essieux cassent ? Combien de fois avons nous roulé avec cette voiture sans que pareille chose ne se produise ? " Ils rebroussèrent chemin encore.
Le fils unique s’était à nouveau remis à étudier. Il avait à nouveau ressentit un manque. Les jeunes gens le persuadaient encore de voyager. Il se rendit à nouveau auprès de son père et le supplia encore et encore. Son père fut encore une fois obligé de l’accompagner. Cette fois, le fils unique demanda à son père de ne pas poser de condition, car il était tout naturel qu’un cheval tombe, ou que des essieux cassent, à moins qu’une chose inhabituelle ne se produise. Ils partirent et à la nuit tombée arrivèrent à une auberge. Là, ils trouvèrent un marchand.
Ils commencèrent à discuter avec lui, comme c’est l’habitude chez les marchands, mais ils ne lui dévoilèrent pas qu’ils voyagèrent chez le Tsaddik. En effet, le Rav avait honte de dire qu’il se rendait chez le Tsaddik.
Ils parlèrent de choses diverses et furent amenés à parler des Tsaddikim et des endroits où on pouvait les rencontrer. Le marchand leur dit que des Tsaddikim vivaient ici et là. Puis, le Rav et son fils en vinrent à parler du Tsaddik chez qui ils se rendaient.
Alors, le marchand leur dit, l’air étonné : " Celui-là ? C’est un homme vil ! Je reviens de chez lui et j’étais présent quand il a transgressé un commandement. "
Le père dit à son fils : " Mon enfant, tu as entendu ce qu’a dit le marchand. Il a parlé sans malice, seul le tour pris par la conversation lui a fait dire ces mots. Il revient de chez le Tsaddik. "
Et le Rav et son fils unique rentrèrent chez eux.
Le fils mourut. Il vint en rêve à son père. Ce dernier remarqua que son fils était très en colère et lui demanda : " Pourquoi es-tu si en colère ? "
Il répondit que si son père se rendait auprès du Tsaddik chez qui ils avaient voulu aller, " Alors, il te dira, lui, pourquoi je suis en colère. "
Le Rav se réveilla et se dit que ce n’était qu’un rêve. Puis il refit une deuxième fois le même rêve et se dit que ce n’était qu’une hallucination. Il rêva trois fois. Il se rendit compte que ce n’était pas fortuit.
Il partit chez le Tsaddik qu’il avait voulu rencontrer aupaRavant avec son fils. En chemin, il rencontra encore le marchand, celui qu’il avait déjà rencontré lorsqu’il était parti avec son fils.
Le Rav reconnut le marchand et lui dit : " Tu es celui que j’ai vu à l’auberge. "
" Bien sûr, tu m’as vu ! " répondit l’autre. Puis il ouvrit grand la bouche et ajouta : " Si tu veux, je vais t’avaler ! "
Le Rav répondit : " Que veux-tu dire ? "
L’autre répliqua : " Te rappelles-tu avoir voyagé avec ton fils ? La première fois, un cheval est tombé en traversant la passerelle et tu as rebroussé chemin. Ensuite les essieux ont cassé et enfin, tu m’as rencontré. Je t’ai dit alors que le Tsaddik était un homme vil. Maintenant que j’ai tué ton fils, tu peux continuer ta route. Ton fils était dans la catégorie du ' Petit Luminaire ' et le Tsaddik chez qui il voulait se rendre, est dans la catégorie du' Grand Luminaire '. Si ces deux-là s’étaient réunis, le Messie serait venu. Maintenant que j’ai fait disparaître ton fils, tu peux aller... "
Le marchand disparut soudainement au milieu de son discours et le Rav n’eut plus personne en face de lui.
Il se rendit chez le Tsaddik et s’écria : " Malheur ! Malheur ! Malheur pour celui qui est perdu et qu’on ne peut retrouver ! " (Exode Rabba 6,4)
Le marchand était en fait le Samekh-Mem en personne qui s’était déguisé et les avait trompés. En rencontrant le Rav pour la deuxième fois, il s’était moqué de lui car ce dernier l’avait écouté.

En effet, telle est l’habitude du Mauvais-Penchant : d’abord il parle à l’homme et si celui-ci l’écoute, à Dieu ne plaise, il le provoque et se venge.

Que Dieu Béni-Soit-Il nous en préserve et nous ramène vers la juste vérité, Amen.

Lundi 15 Août 2005
Jean carl Cohen
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